Analyse | Une défaite qui doit rester un cas isolé
Les Blues de St-Louis ont démontré mardi soir pourquoi ils affichaient le meilleur taux de succès dans la Ligue nationale depuis la Confrontation des 4 nations. Mais le Canadien, lui, n’a pas montré pourquoi il avait le deuxième meilleur rendement du circuit durant la même période. Le choc des deux équipes de l’heure dans la LNH n’a pas vraiment eu lieu. Saluer le brio de l’adversaire ne saurait suffire pour le Canadien, qui a été dominé dans tous les aspects du jeu dans ce revers de 6-1. Certes, les Blues, vainqueurs dans un septième match de suite, ont été impeccables au plan collectif et Philip Broberg et Dylan Holloway - les deux joueurs obtenus par la voie d'une offre hostile déposée aux Oilers d'Edmonton l'été dernier - ont bien illustré pourquoi ils méritaient ce genre d'audace. Cela dit, on a vite constaté que le Canadien n’était pas à point. Dès les premières minutes, il s’est montré lent et nonchalant. Il perdait plusieurs rondelles qui nourrissaient les contre-attaques des Blues, il avait de la difficulté à prendre du rythme en transition et peinait à réussir deux passes successives. Par moment, les choses ont semblé ensuite se corriger quelque peu, mais les hommes de Jim Montgomery ont toujours été plus dangereux dans leurs présences en zone offensive. À vrai dire, le Canadien n'a pas trouvé dans sa besace des façons alternatives de vraiment entrer dans ce match. Le Canadien n’est jamais passé proche. Strictement en termes de résultats, le Canadien a vécu deux séquences fulgurantes cette saison, une première dans les semaines suivant le congé de Noël, puis une autre au retour de la Confrontation des 4 nations. Il a également connu deux gros creux de vague, soit dans les six premières semaines du calendrier, puis lorsque l’embellie du mois de janvier s’est estompée. Au terme d’un revers de 4-2 à Detroit, le 23 janvier (qui a amorcé une séquence d’une victoire en neuf rencontres), nous écrivions ceci : Une observation semblable s’appliquerait après la défaite à St-Louis. Ce n’est qu’un match, mais voilà quand même le Canadien mis au défi pour éviter que son carrosse ne se transforme de nouveau en citrouille. C'est là que pourrait se jouer sa saison, dans sa capacité à éviter la même glissade qu'au tournant du mois de février. Son attaque ne ratera pas toujours autant de chances qu’elle en a raté devant le gardien Jordan Binnington, mais défensivement, le Canadien ne pourra pas se maintenir dans le portrait des séries s’il donne au moins quatre buts par match, ce qu’il a fait à quatre reprises lors des six derniers matchs. Si le CH ne veut pas retomber dans ses mauvaises habitudes, le resserrement du jeu défensif et l’élimination des La magie des remontées en troisième période qui l’a si bien servie dernièrement n’a eu aucune chance d’opérer face à des Blues qui ont été intransigeants dans leur échec avant. Le gardien Samuel Montembeault a nettement été le meilleur joueur des siens au premier engagement, mais il a cédé devant plusieurs déviations durant la rencontre. Lorsqu’il a accordé un cinquième but sur un tir qu’il aurait dû arrêter en troisième période, Martin St-Louis l’a remplacé par Jakub Dobes, qui a joué les 10 dernières minutes. Faut-il y voir un présage de ce qui nous attend au prochain match? Sam Montembeault fait un arrêt devant Jake Neighbours en première période. Photo : Getty Images / Dilip Vishwanat Même si les Flyers de Philadelphie se font malmener par les temps qui courent et qu’ils constituent l’adversaire le plus prenable du Canadien dans ce voyage de quatre matchs, c’est à se demander si St-Louis n’a pas décidé de donner un petit répit à son gardien numéro un parce qu’il a l’intention de le renvoyer dans la mêlée dès jeudi. C’est un affrontement que le Tricolore ne doit pas échapper, car si leur surprenante défaite aux mains des Sabres de Buffalo, mardi, a empêché les Sénateurs d’Ottawa de se détacher, et si les Rangers de New York ont trébuché à Los Angeles, il reste que les Islanders et les Blue Jackets soufflent fort dans le cou du Canadien. Si le CH bénéficiait d’un quelconque coussin, il n'y en a plus vraiment. Après qu’on eut beaucoup vanté leur travail à la suite de leur performance face à Nathan MacKinnon, samedi soir dernier, Mike Matheson et Alexandre Carrier ont connu une soirée difficile. Matheson, en particulier, a eu beaucoup de problèmes avec ses touches de rondelle et a été dans les câbles un peu toute la soirée. À sa décharge, il s’est quand même farci les deux infériorités numériques de son équipe dans leur entièreté. Au final, Matheson et Carrier se sont fait coller un différentiel de -4, ce que Carrier subissait pour la première fois dans l’uniforme du Canadien. Bref, ils en avaient une mauvaise dans le corps, à l’image de la grande majorité de leurs collègues qui auront beau jeu de rapidement mettre cette défaite au compost et d’apporter des correctifs lors de l’entraînement de mercredi, à St-Louis. Le fait que la joute soit devenue hors de portée pour le Canadien en troisième a peut-être influencé l’utilisation des duos défensifs, mais on notera que Jayden Struble a franchi le cap des 21 minutes d’utilisation pour la première fois de sa carrière (21:16). Struble a été victime d’un revirement derrière son filet qui a mené à une chance de marquer des Blues dès la première minute, mais le reste de sa soirée s’est plutôt bien passé. On le souligne car le travail des défenseurs de soutien est examiné de près avec le retour au jeu prochain de Kaiden Guhle. Pendant la majeure partie de la saison, Struble était un candidat logique pour être retranché si la situation le demandait. Son rendement aux côtés de Lane Hutson dans les dernières semaines lui a toutefois donné des assises plus solides. À l’échelle de la Ligue nationale, parmi tous les duos de défenseurs qui ont joué au moins 200 minutes ensemble, la paire Struble-Hutson pointait au neuvième rang avant le match face aux Blues avec un ratio de lancers de 57,82% favorisant le Canadien lorsqu’ils sont sur la glace à 5 contre 5. Les deux jeunes arrières formaient également le 11e meilleur duo de la ligue pour le partage des buts attendus (57,83%), qui est là aussi nettement à l’avantage du Canadien. Arber Xhekaj, qui a manqué de discipline face aux Blues, a passé un huitième match de suite sans évoluer en infériorité numérique, ce qu’il avait commencé à faire après que Guhle ait cessé de pouvoir contribuer au désavantage. Ce ne sera pas le seul facteur qui entrera en ligne de compte, mais au retour de Guhle, le fait de ne participer à aucune unité spéciale ne jouera pas en faveur de Xhekaj. Quant à David Savard, il contribue certainement au désavantage numérique, mais il est soir après soir le défenseur le moins utilisé à forces égales. Ç’a encore été le cas face aux Blues. La décision que prendra St-Louis sera fascinante.Éviter la glissade
C’est bien beau revenir de l’arrière dans les matchs, trouver des moyens de l’emporter quand on n’a pas notre balle rapide, ou avoir recours à son « jeu de catégorie B
, il y a des soirs où ce ne sera pas possible de s’extirper du trou qu’on s’est creusé. » actions qui aident l’autre l’équipe
, pour reprendre une expression chère à l’entraîneur, devront se produire rapidement.
Des défenseurs sous la loupe
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